Le fonds des livres anciens
La bibliothèque du xixe siècle compte quelque 4 500 livres anciens – antérieurs à 1914 –, soit plus du quart de son fonds.
Ils proviennent de dons, de legs ou de dépôts (250 ouvrages) faits par des collègues, en fonction de l’utilité de tels livres pour les chercheurs (D. Grojnowski, J.‑M. Hovasse, Fr. Marmande, J. Seebacher, A. Ubersfeld…). La bibliothèque de la Sorbonne, celle de l’ENS de Cachan, ont également mis à la disposition des fondateurs de la bibliothèque une centaine d’ouvrages tirés de leurs surplus. Le lycée Jacques-Decour, anciennement collège Rollin, a déposé une partie de son fonds (près de 2 000 ouvrages).
Le reste du fonds ancien provient d’achats effectués auprès de libraires d’ancien par les membres de l’équipe xixe siècle, Jacques Seebacher et Guy Rosa d’abord, maintenant Sophie Lucet.
La constitution du fonds, œuvre de plusieurs décennies, reflète l’investissement et les choix de chercheurs marquants. Elle témoigne de l’histoire des études dix-neuviémistes entre 1976 et aujourd’hui.
Quant à la nature de ces livres anciens, ce sont :
- beaucoup d’éditions, parfois originales, d’œuvres d’auteurs peu connus, mais importants, indisponibles dans le commerce, tels que Maxime Du Camp, Erckmann-Chatrian, le général Foy, Mgr Frayssinous, L. Veuillot, L. Vitet, A. Karr, J. et X. de Maistre… ; ou d’œuvres méconnues d’auteurs de premier plan (Gautier, Sand, Lamartine, Chateaubriand et Michelet) ;
- des ouvrages de critique – genre dont l’obsolescence est rapide et parfois injustifiée –, toujours précieux, quelle que soit leur qualité, pour caractériser la réception d’un auteur et l’horizon d’attente d’un public : René Doumic, J. Lemaitre, La Harpe, J. Janin, E. Lefranc, quantité de thèses ;
- des ouvrages de sciences humaines, essentiels pour l’histoire des idées et des mentalités : Joseph Droz, Dulaure, Fustel de Coulanges, Joubert, Villemain, Guizot, Tarde, Taine, Collin de Plancy, Legouvé, N. Lemercier, Bergson… ;
- des dictionnaires et ces séries documentaires dont le xixe siècle est grand producteur et consommateur : le dictionnaire de Moreri (principale source de l’érudition hugolienne), L’Art de vérifier les dates de Saint-Allais, l’Encyclopédie de Diderot, le Dictionnaire historique et critique de Bayle, l’Encyclopédie théologique de l’abbé Migne, les dictionnaires d’argot (Lorédan Larchey, Delvau), le Grand Dictionnaire universel de Larousse, évidemment, le Dictionnaire de la conversation, le Dictionnaire géographique portatif de Malte-Brun, le Dictionnaire historique portatif de Ladvocat, le Dictionnaire historique, critique et bibliographique de Chaudon et Delandine, les dictionnaires biographiques (Dezobry, Dantès, Vapereau), bibliographiques (Barbier), les dictionnaires de langue (Napoléon Landais, Lafaye, Guizot, l’Académie), beaucoup d’autres. Plusieurs de ces dictionnaires existent en réédition électronique ; ceux qui l’ont tentée savent que leur consultation sur le web est épuisante et décourageante ;
- un fonds spécialisé de théâtre de la seconde moitié du xixe siècle et des premières années du xxe, formé par Sophie Lucet.
Ces livres sont tous consultables sur place, mais en partie exclus du prêt.
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